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25 avril 2012

DE RETOUR EN SEPTEMBRE

Merci de me lire depuis 5 ans.

Non, il n'y aura pas de PORTRAITS & SOUVENANCES le 30 de ce mois.
Peut-être quelques SOLILOQUES au cours de l'été...à l'occasion.

De retour en septembre avec les PORTRAITS & SOUVENANCES, en autres de
LIBELLULE,
LA BELLE-SOEUR   
MES FRANÇAIS
LA DOCTE

Bon été
Louis

SOLILOQUE: LA RADIO POUBELLE

 LA RADIO POUBELLE

Beaucoup de polémiques autour de cette radio qu’on dit aussi en d’autres lieux « trash ». On l’attribue souvent à la ville de Québec. Malheureusement, ce moyen de communication n’est pas l’apanage exclusif de notre capitale nationale. La télé porte son lot de ce genre de violence verbale et visuelle partout au Québec, car voilà sa forme profonde. À Québec, elle s’exprime avec une vulgarité et un manque de respect des auditeurs, donc de nous-mêmes.

Cette pensée qu’on retrouve aussi chez certains chroniqueurs et polémiqueurs dont le seul objet est d’exciter, de faire réagir, de vendre leur salade indigeste au fin de leurs cotes d’écoute. Ces idéologues du tout-au-marché qui accompagnent souvent la politique politicienne restent bien en deçà du registre des vrais enjeux.

Comme les libéraux, ces gens ont depuis longtemps démontré leur préférence pour la médiocrité. On se retrouve dans le même champ du laisser-faire et de l’abêtissement tel que l’enseignement de l’anglais à l’élémentaire, le bilinguisme « nécessaire à tous les Québécois pour réussir », le Plan Nord sans vision sauf celle du marketing basé sur l’intérêt glouton d’un groupe.

Ces pauvres colporteurs du statu quo dont ils sont les premiers bénéficiaires sont aussi le fruit de la pauvreté de notre système d’éducation qui diminue l’enseignement de l’histoire à l’avantage de l’apprentissage de la langue anglaise alors que la très grande majorité est déjà bilingue. Cela signifie que cette décision est politique. Le parti au pouvoir tire la majorité des votes du milieu anglophone et ne peut donc pas affirmer une Loi 101 au-delà de l’incitation.

« Le langage exprime essentiellement ce que nous pensons, ce que nous éprouvons, qui nous sommes finalement. » (Pierre-Paul Sénéchal, membre de la Ligue d’action nationale). Chevalier de Lorimier, Louis Riel et les Patriotes de 1838 sont-ils morts pour cela?

Le groupe d’action politique Liberté Québec de qui est née la radio poubelle sous l’influence du discours de la nouvelle droite républicaine américaine, est la résultante de l’usurpation du mot LIBERTÉ. Tout comme la CAQ, il ne jure que par la responsabilité individuelle. Foin des responsabilités collectives! Ce qui importe c’est un État aminci, des marchés concurrentiels et libres (encore ce mot liberté) et la...liberté de choix sur tout. D’une certaine manière, les adeptes de cette idéologie sont proches des valeurs de Stephan Harper.

Peut-être que la jeunesse étudiante a commencé à rêver de leur Québec. Au-delà des « droits » de scolarité, 250 000 Québécois de toutes origines ont démontré qu’ils tenaient à d’autres idéaux! 
Louis Cousineau




04 avril 2012

PORTRAITS-& SOUVENANCES Opus 44 - Gilles Leduc

Un bricoleur est celui qui joint
l'outil à l'agréable. KOUZINO
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beau-frerealouer.com                    

LE BEAU’F

Nous sommes liés par assimilation forcée. Elle découle d’une prise en otage par une famille terrienne lambertine. Le hasard nous fit tomber dans les griffes de deux sœurs. Il paraît que Michel Tremblay avait d’abord titré sa pièce LES BELLES-SŒURS, LES BEAUX-FRÈRES mais lorsque ses recherches l’eurent conduit aux Lacasse, affligé, il jeta le texte aux orties. Trop de Lacasse, trop de Leduc, pas assez de Cousineau…

Heureusement, le beau’f et moi partageons les mêmes traits de personnalité. Nous sommes intravertis, modestes, discrets, beaux, sportifs et tous les deux des bricoleurs hors pair. Un élément cependant nous sépare : moi, j’ai épousé une germaine, lui a marié sa gardienne.  

                                               
UN PARCOURS SINUEUX
Dans quelques jours, il se joindra au groupe des septantenaires alors qu’il n’en paraît que…soixante-neuf. Originaire du quartier Hochelaga-Maisonneuve, il est la deuxième tentative d’Antoinette et de Lucien de procréer un être parfait et socialement acceptable. Tellement discret après sa naissance que ses parents constatent sa présence trois jours après l’accouchement. On l’a retrouvé au fond de la pouponnière en train de dessiner de nouvelles salles d’attente avec bar à vin, foyer et cascades d’eau.

Accablés par ce bébé bricoleur précoce, impénétrable et mystérieux, ses géniteurs l’ont exposé à des expériences scolaires assez étranges afin de tester son caractère et surtout faire éclore la folie qu’il cachait profondément en lui. D’abord offert aux Sœurs Sainte-Croix sans succès, ils le confient aux Frères du Sacré-Cœur pour l’agiter, le déchaîner et l’enflammer. En dernier recours, découragés, ils le confient aux Frères Maristes et invoquent Saint-Jude, patron des causes désespérées. Mais après un an, pas le moindre progrès. Ils cherchent et trouvent un refuge qui pourrait provoquer le changement souhaité : l’Imam de la mosquée avoisinante jure qu’il a la solution. C’est un p’tit voyage à la Mecque qui en fera un Leduc « normal ».  Malheureusement, même Mahomet n’y peut rien. C’est finalement son transfert à l’école Mgr Gauthier qu’ils découvrent la clé du mystère. Que reste-il à faire de cet individu si différent de la famille ?  Réponse : RIEN, il est parfat !

L’EFFET DE LA CASTE
La suite normale de cette réponse a lieu au début de la Révolution tranquille. Notre Leduc  parfat répond à l’appel du Chef et se joint à Excel Novelties, c’était avant la loi 101. L’entreprise familiale est située rue Notre-Dame non loin de l’église du même nom au cas d’un dérapage du jeune auréolé, tel un énarque, investi d’un pouvoir sibyllin. La jeune organisation, n’est pas encore entrée dans la modernité. D’ailleurs l’outil le plus moderne dont elle dispose est un élévateur électrique propulsé par une batterie usagée provenant de la Volks corporative. Celle-ci est utilisée par l’aîné pour ses ébats amoureux à l’italienne.

Pendant près de 35 ans, à titre d’acheteur, on le surnomme le Chipoteur pour son talent à soutirer les meilleurs « deals » des fournisseurs et maximiser les profits de la cagnotte familiale. Sans être usurier ou avare, il surveille et protège toujours l’oseille de la Casa de la rue Notre-Dame.

IDÉES FIXES OU DOUTEUSES
Souventes fois, Estelle nous l’a répété. Gilles est un homme fidèle…à la marque Ford. Pour son voyage de noces en Floride, il est au volant…d’une Mustang et presque toutes les autos qui suivirent étaient de la même marque. Il adopte une variante de la maxime d’Henry Ford : « J’aime toutes les marques d’autos pourvu qu’elles soient une Ford ».  

Ses décisions sont quelques fois d’un jugement équivoque. Demandez-lui qu’il vous cause d’un Couette et Café en Haute-Côte-Nord. Il avouera que son choix n’était pas Jojo !     

LA COTERIE
Les Leduc sont partout. Nous sommes d’accord, il y en a trop. Hélas, on n’y peut rien !  Cette chapelle est une espèce de secte secrète, mieux connue sous le nom du GANG DES SEPT DU PLAN NORD…de Montréal.

Il y a eu Lucien, le papa, un homme droit qui dirige la camarilla d’une main de fer dans un gant de velours. Antoinette qui grâce à sa cuisine riche en protéines, est responsable des bedaines mâles de la famille.

Suit la marmaille, sorte d’engeance grassement élevée dans la ouate, dorlotée et menant une vie bourgeoise d’enfants gâtées. Elle baigne dans l’opulence: chalet de luxe, yacht superbe et golf, tout ça sous la protection, des Peace Keepers… sous toutes réserves.

Gérald : Le bébé benoîtement bassiné, bigarré de Big Bad Bruins, bancales broutilles de la LNH. Gaétan qui, malgré sa grande gêne, est le volubile raconteur d’histoires à double sens qu’il répète à satiété. Guy, à l’époque le « vieux barbu chauve », qui répète les mêmes gauloiseries de son frère en réussissant à les « moffer » à tout coup. Enfin Christiane, celle qui est obligée de « jouer à mére » avec tout ce gang-là.

PUIS, IL Y A GILLES 
Soyons franc, il est le plus beau et le plus équilibré du clan ! Cerner une telle personnalité ambiguë est quasi impossible. Essayons quand même.

Redevenu célibataire, il demeure toujours cachottier et solitaire. On apprend toujours des informations sur sa vie privée par des tiers. Maintenant qu’il est un habile internaute, peut-être vaut-il mieux consulter « Face de Bouc » pour confirmer les rumeurs de ses fréquentations occultes ?

Discret et muet la plupart du temps, notre sujet devient hautement verbeux et super loquace lorsque le sujet le passionne et qu’il a un p’tit verre dans le nez. Prenez son voyage en Alaska. Deux milles photos et des centaines de détails se traduisent en une causerie-fleuve.

Il ne parle que lorsque nécessaire et comme économiser est l’un de ses dadas, il ne gaspille pas les mots inutilement. Il trouve pourtant un plaisir jouissif à me contredire devant tout le monde si je rappelle un souvenir commun et que la date et le jour sont inexacts   Pis encore, combien de fois m’a-t-il frustré quant une décision de rénovation était prise en catimini  par Noëlla et lui. 

Gilles a la tête fragile. Il a tendance à avoir quelques petits problèmes côté coco... En effet son ciboulot est porté à s’incliner vers la droite comme pour mieux interroger son cerveau avant d’opiner sur quelque sujet. Cette déclivité de la caboche lui sert à enregistrer un maximum d’informations d’où sa mémoire phénoménale. Il s’identifie parfaitement à la devise du Québec JE ME SOUVIENS car rien ne lui échappe.  

Malgré son âge et hormis sa panse de plus en plus bedonnante, sa chevelure ne porte qu’un peu de gris. On soupçonne que la Greecian Formula est très utile...

Cependant, cet homme a son talon d’Achille. Un mal nocif et pernicieux le tourmente. Une grande appréhension l’assaille et lui cause un effroi incontrôlable et une frayeur indicible. Il est porteur d’un germe phobique d’une ampleur abyssale : il a la PPP, la PEUR PITOYABLE DES POMPES à essence automatisées. Devant ces monstres du modernisme, il fige, crie au secours, appelle à l’aide et compose le 911. Voilà l’homme, le marchandeur le plus mesquin du monde des affaires, devenu mauviette, gringalet et foutriquet devant…devant un vulgaire machin dont le seul but est de dévorer sa carte de crédit pour y inscrire quelques litres de carburant hors prix. À moins que tout cela soit une excuse pour se faire servir par une jeune femme affriolante…

En conclusion, comme sa famille et ses amis, je connais tout de Gilles mais je ne sais rien de lui. Au fond, il demeure une énigme indéchiffrable. Je me permets de résumer l’ami sympathique qu’il est, par ces quelques rimes. 

      On le dit impulsif                          Skier le réjouit
     Et toujours plein d'élan                 Voyager le rend fou
     Secret, pas agressif                      Bricoler, son hobby
     Têtu, discret, patient.                   Ce qu’il désire surtout
     Puis viendra le printemps         Un pays rapidement

Je le sais généreux, franc, bon vivant et surtout un sympathique compère avec qui voyager est un grand plaisir, mon beau-frère, Gilles.

Louis Cousineau
Le 4 avril 2012